Kumiko

Kumiko
Kumiko

Kon’nichiwa, je suis Kumiko, je viens du Japon

J’adore dessiner. Et toi ?

Plus tard, je serai une super styliste.

Ma tante m’a révélé un secret sur ma famille. Découvre-le vite dans mon livre !

Chaque année, le 3 mars, dans toutes les
maisons japonaises, on fête le Hina-matsuri,
la « fête des poupées ». C’est surtout le jour
où les petites filles sont à l’honneur.
On les traite comme des princesses.
Souvent, on leur offre des cadeaux.
Mais le plus important, bien sûr, ce sont
les poupées, qui se transmettent de
génération en génération.

Nono et Miwa admiraient les merveilleuses
poupées de leur tante. Nijimi les avait
héritées de son arrière-grand-mère.
Elles étaient d’une rare beauté et valaient
une fortune.
Sur un petit escalier recouvert d’un tissu












rouge, les poupées
étaient disposées
dans un ordre précis.

En haut, l’empereur et l’impératrice étaient
assis sur des lits. L’impératrice portait une
somptueuse robe rouge et tenait un éventail
ouvert. L’empereur était habillé de noir, d’or
et d’argent. Sa coiffure était amusante avec
son très haut chapeau noir. Sur les autres
étages, on trouvait les dames de cour, les
servantes, les musiciens, les deux ministres
et un samouraï – un guerrier japonais.
Et enfin, des charrettes avec des bœufs et
des chevaux. Sur chaque étage, divers objets
étaient disposés : des lampions, des coffres,
des tables, des arbres, un service à thé…
Nijimi avait par ailleurs suspendu une
guirlande d’oiseaux en papier – des grues –
au-dessus de l’estrade. Elle avait aussi ajouté
des renards jaunes en papier. Nijimi avait
une passion pour l’origami, l’art japonais du
papier plié. Elle était capable de fabriquer
toutes sortes d’animaux avec une simple

feuille. Les renards avaient sa préférence.
Il y en avait partout dans la maison.
   – C’est trop beau… murmura Nono,
   les mains croisées sur sa poitrine.
Miwa vérifia que sa mère était toujours
à la cuisine avec Nijimi avant de dire :
   – Je voudrais avoir les mêmes.
   Chez nous, on n’a que cinq poupées
   et elles sont moches.
   – C’est vous, les plus jolies poupées !
   répondit Kumiko.
Des sourires illuminèrent les visages des
jumelles. Maho et Nijimi réapparurent avec
des plateaux. Elles les posèrent sur la table
basse. Il y avait des gâteaux, des biscuits
apéritif et du jus de pêche. Dans un flacon
de porcelaine bleue, il y avait de l’alcool
de riz sucré.
   – Avant de manger, dit Nijimi,
   je voudrais vous rappeler ce que signifie

   le Hina-matsuri. Il y a longtemps, très
   longtemps, les filles des gens de la cour
   de l’empereur offraient des poupées aux
   princesses. Ces poupées n’étaient pas
   des jouets. Elles étaient destinées à être
   malades à la place des personnes qu’elles
   représentaient. Grâce à elles, notre foyer
   est protégé du mauvais sort. Elles nous
   apportent bonne fortune et bonheur.
   Remercions-les !
Nijimi s’inclina devant l’estrade de poupées. Maho
et les enfants l’imitèrent.
   – Et maintenant, on mange ! dit gaiement
   Nono.
   – Et après, on joue ! s’écria Miwa.
Un peu par provocation, Kumiko versa
de l’alcool de riz dans une tasse. Maho
la regarda, puis regarda Nijimi.
   – Tu laisses ta fille boire de l’alcool ?
   – C’est à peine alcoolisé, rétorqua

   Nijimi. Et puis, c’est la tradition.
   – Toutes les traditions ne sont pas
   bonnes.
   – Ah oui ? fit Kumiko. Lesquelles ?
Maho ne trouva rien à répondre. Nijimi
se tourna vers elle et se retint de rire.
À ce moment-là, sa belle-sœur ressemblait
au dessin de Kumiko. Un horrible Oni avec
un double menton !

   – Bien, dit Nijimi. Nous vous laissons
   entre vous. Si vous avez besoin de
   quelque chose, appelez-nous.

Kumiko et les jumelles passèrent un très
bon après-midi à jouer devant les poupées.
Il suffisait que Maho s’en aille pour que
la joie revienne !

Bento (en japonais) :
repas préparé à la maison le matin
pour être mangé à l'heure du déjeuner
lorsqu'on est à l'extérieur.
Il est transporté dans une boîte
à compartiments.





Bunkasai (en japonais) :
sorte de grande kermesse qui a lieu
dans toutes les écoles japonaises.

Dojo (en japonais) :
salle où on pratique les arts martiaux.

Hina-matsuri (en japonais) :
fête des Poupées qui a lieu au Japon
le 3 mars. Ce jour est consacré
aux petites filles.

Ikebana (en japonais) :
art japonais de l'arrangement des fleurs.

Itadakimasu (en japonais) :
bon appétit.

Kami (en japonais) :
esprits et dieux du shinto,
la principale religion du Japon.

Kannushi (en japonais) :
maître de cérémonie, sorte de prêtre
de la religion shinto.

Kimchi (en japonais) :
chou mariné à la coréenne.

Kitsune (en japonais) :
renard




Konnichiwa (en japonais) :
bonjour (mot utilisé
seulement l'après-midi).

Kumiko (en japonais) :
fille à la beauté éternelle.

Obi (en japonais) :
large ceinture en soie,
mesurant presque 3 mètres.

Ohayo (en japonais) :
bonjour (mot utilisé seulement le matin).

Okaa-san (en japonais) :
Maman, mère.

Omikuji (en japonais) :
petit morceau de papier
sur lequel est écrite une prédiction,
c'est-à-dire ce qui va arriver
de bon ou de mauvais dans le futur.

Oni (en japonais) :
esprit malfaisant qui apporte
les maladies et le malheur. Les Oni
représentent tout ce qui est méchant et
empêche le bonheur des personnes.

Origami (en japonais) :
art japonais du papier plié.

Oto-san (en japonais) :
papa, père. Au Japon, on ajoute
le mot san aux noms propres.
C'est une formule de politesse.

Sensei (en japonais) :
maître.





Tatami (en japonais) :
tapis de paille de riz tressée.

Tengu (en japonais) :
monstres mi-hommes, mi-oiseaux.

Torii (en japonais) :
portail composé de deux piliers
sur lesquels reposent deux poutres.

Zori (en japonais) :
sandales en bois
qui ressemblent à des tongs.