Alexa

Alexa

Hi, je suis Alexa, je viens d’Australie.

J’adore les animaux et la nature.

Plus tard, je serai championne du monde d’équitation.

J’ai créé un code secret, viens le découvrir dans mon livre !










Yvonne s’assit en tailleur sur le sol,
une feuille d’écorce sur les genoux.
   – Comme pinceaux, j’utilise
   surtout des bâtonnets
   pointus et des
   plumes.
Sous les regards
émerveillés
des visiteurs,
elle commença
à peindre.
   – C’est un
   kangourou !
   s’exclama un
   petit garçon.



   – C’est la tête d’un kangourou, répondit
   Yvonne en souriant.
Le petit garçon fronça les sourcils en voyant
la main d’Yvonne dessiner le corps d’un
serpent. Encore plus surprenant, elle finit
avec une queue de crocodile !
   – C’est Yingarna, dit-elle. C’est le nom
   du plus puissant des esprits, une femelle,
   le Serpent Arc-en-Ciel ! Yingarna dort
   dans les petites mares, les billabongs,
   ne la réveillez surtout pas ! Elle n’est
   pas toujours de bonne humeur. Elle
   peut provoquer des inondations et des
   tremblements de terre. Quand j’étais
   enfant, on me racontait cette histoire :
   Yingarna, dans son ventre, contenait
   toute l’origine du monde – les rochers,
   les animaux, les oiseaux, les arbres… et
   un homme, Gorrogo. Après beaucoup
   d’efforts, Yingarna, le Serpent Arc-en-Ciel,



   réussit enfin à faire sortir Gorrogo de son
   corps. Mais elle était épuisée et souffrait
   beaucoup. Alors, Gorrogo décida de
   lui ouvrir le ventre avec un couteau de
   pierre. Et brusquement, toute la création
   apparut sur Terre.
Au bas de la feuille d’écorce, Yvonne ajouta
un petit dessin.
   – Voici ma signature, l’empreinte d’une
   patte d’oiseau, le guêpier. Cet oiseau
   très répandu est mon totem9 . Les Sages
   de ma tribu m’ont dit que j’avais été un
   guêpier dans une autre vie. C’est pour ça
   que je suis devenue peintre ! Les plumes
   du guêpier sont de toutes les couleurs.
   Les couleurs de l’arc-en-ciel…
   – Je suis étonné par votre histoire,
   remarqua un monsieur en short.
   Il me semblait que celui qui avait créé
   le monde était Baiame.



Yvonne éclata de rire.
   – Vous avez bien révisé avant de venir !
Le visiteur avoua qu’il avait lu des livres
sur la culture des Aborigènes.
   – Ne pensez surtout pas que je me
   moque de vous, dit Yvonne. Au contraire,
   je suis très heureuse de l’intérêt que
   vous nous portez. Et vous n’avez pas
   tort. Il y a, au départ de toute chose, le
   Grand Esprit Créateur, qu’on appelle
   souvent Baiame. Je vais essayer de vous
   expliquer : au commencement, qu’on
   appelle le Temps du Rêve, les Esprits
   peuplaient la Terre. Baiame s’endormit.
   Et il fit un rêve. Il s’agita tellement dans
   son sommeil qu’il réveilla d’autres
   Esprits. Ensemble, ils construisirent
   notre monde. Sans la déesse du soleil Yhi,
   continua Yvonne, nous serions toujours
   dans le froid et l’obscurité. Le Serpent



   Arc-en-Ciel a creusé dans le sol et ainsi
   sont apparues les mers et les rivières,
   puis les montagnes… Tous les Aborigènes
   croient au Temps du Rêve et au Grand
   Esprit Créateur. Mais chaque tribu
   a ses propres histoires, ses légendes
   et ses contes.
   – Je comprends mieux, répondit le
   monsieur en short. Merci !
Yvonne se releva et posa sa feuille d’écorce
à côté d’autres, sur le sol.
   – Voici comment vous devez regarder
   mes œuvres. Du dessus. Car c’est ainsi
   que je les vois quand je peins. Je sais bien
   que les gens les accrochent au mur, mais
   c’est une erreur.
Alexa poussa son frère du coude et lui
montra l’une des peintures.
   – Ils sont trop drôles, ceux-là, avec
   leurs cheveux dressés sur la tête !



Yvonne se retourna vers elle et lui sourit.
   – Ce sont les esprits Mimi. Ils sont un
   peu coquins...
   – J’aime beaucoup les dessins
   géométriques, dit Dan Clark.
   Les petits traits qui se croisent.



   – On les nomme rarrk, précisa Yvonne.
   Ces dessins racontent des histoires
   du Temps du Rêve. Évidemment, il est
   très difficile pour des étrangers de les
   comprendre. C’est un genre de code,
   si vous voulez.
Alexa se pencha au-dessus de l’écorce. Un
code ? Ça, c’était vraiment très intéressant…



       Billabong
       (mot aborigène signifiant « eau morte ») :
       trou d'eau, petit mare,
       dans les rivières asséchées.

       Bonzer
       (prononcer « bon-zeur », en australien) :
       génial, excellent.

       Bora (en aborigène) :
       cérémonie sacrée chez les Aborigènes.

       Bush (en anglais) :
       végétation formée d'arbustes
       et d'arbres isolés. En Australie,
       cette végétation est très répandue.

       Chatterbox (en anglais) :
       personne très bavarde, moulin à paroles.

       Coconut (en anglais) :
       Noix de coco.


Cross-country (en anglais) :    
course d'obctacles    
(troncs, haies, rivières...) à cheval.    

Drongo (en australien) :    
idiot, gros nul.    

Footy :    
jeu australien. Sorte de mélange entre    
le football et rugby. Appelé aussi    
Australian Rules ou Aussie Rules.    
« Aussie » est le surnom donné    
Australie ou australien. On joue sur    
un grand terrain ovale. Chaque équipe    
comporte dix-huit joueurs.    

G'day
(en anglais, contraction de good day) :    
bonjour.




Lunch box (en anglais) :    
boîte à compartiments dans laquelle    
on transporte son repas.    


       Mozzies
       (prononcer « moz-zize », en australien) :
       moustique.

       Mullee Mullee
       (prononcer « Mulli Mulli », en australien) :
       Esprit du Rêve pour les Aborigènes.

       Rarrk (en aborigène) :
       dessin aborigène racontant
       une légende du Temps du Rêve.




       River Princess (en anglais) :
       Princesse de la rivière.

       Yidaki (en aborigène) :
       instrument plus connu sous le nom
       de didgeridoo. Le yidaki est fabriqué
       à partir d'un tronc ou d'une branche
       d'arbre que les termites ont creusé.
       Une fois coupé à la taille voulue,
       il est peint.